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Andrew V. Kudin
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23 . 11 . 2017   
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EN ARRIÈREEN ARRIÈRE
LA COULEUR NOIRE

Le roman policier à sujet tendu «La Couleur Noire».

Publié à Kiev en janvier 1993 à tirage de 25 000 exemplaires.

 

 

De l'article d'Alexeï Onipko sur le roman d'Andrew V.Kudin "La Couleur Noire":

 

«Le roman «La Couleur Noire» occupe une place particulière parmi les autres «narrations documentaires» <...>

Ce livre est au maximum proche aux événements réels. Et en même temps c’est une oeuvre d’art. Les connaissances profondes de ce milieu permettent à l'auteur de reproduire mot à mot ces épisodes auxquels ou il n'y avait pas de témoins <...>

Ce livre est destiné aux gens sérieux, à ceux qui ont quoi perdre, "excepté les chaînes personnelles". <...>

Il faut avoir des nerfs d’acier pour pouvoir lire ce livre. Vous verrez comment on tue les gens. Vous verrez également comment on les met à la torture. Mais ce nest pas le naturalisme tout nu. Et tout à coup vient la compréhension de ce pourquoi cela arrive et ce qui se cache derrière l’extérieur de “l’affaire. <...>

Le roman «La Couleur Noire» survit pour longtemps au jour d’aujourd’hui. La criminalité organisée – ce n’est pas une invention d'aujourd'hui et ce n’est pas nous qui l’ont inventée. L'auteur a franchi la notion de "l’actualité". Andrew V. Kudin a tenté de nous montrer les bases les plus profondes, les dessous de ce phénomène, qui au fond, ne dépend pas de ce quel régime détient le pouvoir aujourd'hui…

 

 

Du livre d'Andrew V.Kudin “La Couleur Noire”:

 

«Il existe des personnes-eaux et des personnes-cristaux. L’humanité ressemble à la rivière. L’eau douce, souple ne se transforme en glaçons aigus et indociles que quand au moins un cristal l’atteint. Et dans quelques jours les espaces énormes sont gelés.

De même manière avec les gens. Observez bien la foule bariolé. Pareille à la mare d’eau elle se répand dans les rues sales. Des centaines de couleurs font le gris. La foule veule devient le torrent puissant et orienté seulement quand les gens-cristaux y entrent.

 

Est-ce que quelqu’un a jamais réfléchi en feuilletant par oisiveté les pages de l’histoire, pourquoi on appelait les uns “les rouges”, les autres – “les blancs”, certains - “les bruns” et “les verts”? Ce n’est que la couleur, celle de grands cristaux».

 

 

Dans le roman «La Couleur Noire» le récit sur la criminalité organisée n’est qu’un prétexte pour jeter un coup d’oeil dans le règne humain qu’on cache soigneusement des yeux des autres.

 

 

«Il est facile de se cacher de la milice – elle ne se casse pas la tête, elle pense à l’aide des pieds. Il est plus difficile de se cacher des ennemis. Ils ont plus de raisons sérieuses pour la recherche. Mais où se cacher de ceux qu’on a appelés les amis proches hier encore? Car ils connaissent bien tous les cheminements de repli.

Isolé du monde extérieur, Lecha cherchait convulsivement dans sa mémoire les connaissances qu’il avait il y a dix ou vingt ans. Ayant serré ses tempes, il réfléchissait avec intensité, étant debout dans le tambour enfumé du train “Léningrad - Rostov-sur-le-Don”.

 

 

Le matin il est un roi, le soir – un mendiant. Qu’est-ce qui l’attend en avenir? Les années d’errance parmi les gens peu connus ou inconnus du tout, pour qui son nom n’est qu’un son creux? Les années de peur bleue d’être reconnu, attrape, déchu et tué?»

 

«- Pourquoi es-tu allé avec moi? – Khania n’a pas reconnu sa propre voix. – Tu le sais mieux que moi – on n’était jamais amis et on le deviendra jamais. La seule chose qui nous unisse c’est l’argent. C’est tout…

Le lord sourit malicieusement:

- Il se trouve que tu puisses etre franc… Parfois…

Puis il continua:

- Tu es la merde. Je ne sais pas si tu es meilleur ou pire que moi. Là, sur la clairière, est la fin logique de ta biographie. Où de ta carrière. Ca dépend… Pourquoi suis-je allé avec toi? On est de même couleur. Tu raisonnes par les mêmes catégories que moi. Tu regardes le monde de ce coin de la cellule où on m’a aussi réservé une place. Tous les gens sont séparés par les barreaux. Certains ne les remarquent pas. Les autres se fendent le front par les barres d’acier chaque jour.  On est côte à côte, mais pas en face l’un de l’autre. Suis-je assez clair?

- Oui.

Voulant paraitre indifférent, le lord frotta nerveusement la racine du nez par les bouts du pouce et de l’index.

- D’un côté je suis allé avec toi à cause de l’argent. En cas de succès j’entre de part avec toi, mais en général, pour me désennuyer. La vie c’est un tel délire et si on ne se donne pas de courage de temps en temps, on pourrait mourir de délirium…»

 

Dans le livre on a nettement montré comment les sorts des gens les plus ordinaires et les plus insignifiants, se relient avec le sort de tout l’Etat sans qu’on s’en aperçoive.

 

 

 

 

" … le 28 avril 1986 le gouvernement de l'URSS a enfin reconnu le fait de l'explosion sur la Centrale électrique atomique de Tchernobyl. Dans les rues de Tchernobyl, de Pripiat, de Kiev jouaient toujours les enfants qui devraient mourir des maladies provoquées par l'explosion. Ils ne se trouveront jamais aux rapports statistiques, car ils n'ont pas péri directement au moment de l'accident. L’avenir n'intéressait personne en 1986. À l'époque où à Bucarest le régime procommuniste de Tchaushesku a supprimé les manifestations du Premier mai, les ayant remplacées par les meetings dans les locaux fermés, quand dans les pays de l'Europe Occidentale les parents interdisaient aux enfants de jouer à la belle étoile - à Kiev (la distance directe de l'épicentre de l'explosion ne dépasse pas 100 km) on fêtait avec la pompe particulière le Premier mai.

On s’en fout de la santé des esclaves. Voilà qu’ils marchent - heureux, devant les tribunes, agitent les fleurs. Que tout le monde voie que c’est facile de respirer chez nous! Pourquoi penser à ce que l'eau, la nourriture, la terre sont toxiques? Le destin des esclaves - le travail! Au nom des idées nobles d'Octobre! Au nom de l’avenir clair! "

 

          «Sur le calendrier - le début de 1987. La conscience des gens n’est pas encore éveillée. Le processus irréversible de la surestimation des valeurs n’a que commençé. Le salaire et les revenus dans les coopératives n'entraient pas dans la tête de la personne soviétique accoutumée dès l'enfance à la misère et à la pensée que tout le mal vient des riches. La milice ne se dépêchait pas de protéger les commerçants privés contre les filous de différentes races, suivant le principe:

“ Le sauvetage des noyés - l'affaire des noyés eux-mêmes”.  Dans le langage familier est venu quelque chose d’inaccoutumé jusqu’à présent. Le mot “raket”qui au depart blessait l’oreille, renfermait, comme il s’est avéré, de grands revenus. Dans les prisons et les camps on ne parlait que de cela. Naturellement, personne ne pensait travailler. Tous voulaient lever un tribut, mais pour cela il était nécessaire de s'unir en troupe. Et en outre, en troupes tres bien organisées qui se distinguent principalement des celles d’auparavant.

 

Un bon tube et un bon poignard étaient des arguments concluants en mains habiles. Néanmoins, il se trouva que cela ne suffisait pas. Pour faire des affaires plus sérieuses il était nécessaire d’avoir la cervelle».

 

“Les Soviétiques stupides ont cru de nouveau en ce que demain il serait mieux qu'aujourd'hui, ayant oublié ce que toute l’histoire de leur Etat prouve juste le contraire – hier est beaucoup meilleur que le jour de demain…”

 

“Celui qui croit que la politique de l'Etat ne se croise pas avec la politique des couches négatives de la société se trompe. Une petite politique reflète logiquement tout ce qui se passe dans les échelons supérieurs du pouvoir comme le miroir déformant où chaque bagatelle prend les formes grotesques et laides…”

 

 

 On a devant nous un roman policier écrit à la perfection selon toutes les lois de ce genre. En même temps c’est un livre extraordinaire au maximum qui fait réfléchir sur le sens de la vie et sur la place de chacun de nous sur la Terre.

 

«Сombien coûte la vie d’une personne? La vie n’a pas de prix. Il est lâche, bête et tout à fait impossible de mesurer la vie par l’argent! On m’imposait cette idée aussi comme à Khania dès mon bas age et j’y croyais. C’est dommage que je n’y croie plus. Je ne crois pas parce qu’à treize ans déjà je savais combien coûtait de casser le bras, la tête, fracturer la racine du nez et la mâchoire… Le prix de cette commande dépendait du résultat (de ce où on transportait une personne – à la maison, à l’hôpital, à la réanimation ou à la morgue ).

 

«La vie n’a pas de prix». Quelques ans après, ayant eu l’affaire à la notion “la besogne” j’ai compris pourquoi ce ne pouvait pas être vrai, car qu’est-ce que c’est “la besogne”? Qu’est-ce que c’est que la journée de travail limitée ou non limitée? C’est une partie de la vie que nous vendons consciemment ou non pour qu’on puisse vivre de cet argent gagné le reste de la vie, vivre comme on veut, et pas comme les autres nous imposent. Si nous nous vendons nous-mêmes est-ce qu’il est amoral que les autres nous vendent l’un à l’autre?

 

Aux marchés les gens vendent tout à fait tranquillement les vies des animaux et les oiseaux. Le fait du commerce de la vie humaine évoque en nous les sentiments désagréables puisque nous-mêmes, nous sommes encore les gens et il est beaucoup plus difficile de nous mettre à la place d’une personne vendue ou tuée qu’à la place d’un animal ou d’un oiseau dont la viande nous mangeons chaque jour.”

 

 

            Ce livre est sur l’amour.

 

«…quelqu'un s'est approché doucement par derrière, ayant touché prudemment l'épaule. Khania a ouvert lentement les yeux. Il se retourna. Les cheveux libres noirs tombaient par en ondes sur la poitrine nue. Les yeux en amande. Les lignes arrondies du corps féminin parfait.

 - Que veux-tu, Rina?

Son prénom complet - Marina. La main féminine fend les courants glaciaux de l'eau au-dessus de la tête.

- Tu prendras froid, tu tomberas malade, tu mourras… Qu’est-ce qu’on va faire alors sans toi?

La voix incarnait la docilité comme un bruissement calme de l'herbe parmi les champs infinis.

- Vous allez vivre. Comme avant. Comme tout le monde…

- Qu'est-ce que c'est "comme tout le monde"? Tout le monde n'existe pas. Chacun vit sa propre vie et chacun fait la partie de la vie d'autrui…"

 

«Oleg embrassait tendrement ses bouts des doigts.

- Qui suis-je pour toi?

La jeune fille a réfléchi, l'ayant regardé attentivement de haut en bas.

- Tu es la partie de ma vie. Tu sais, après que tu m'as quittée, j’étais comme une âme en peine pendant quelques ans. J’essayais de t’oublier, effacer de ma mémoire tout ce qui était lié à toi. Puis j’ai compris que c’était bête. On ne peut pas changer l’avenir et je te suis reconnaissante d’être dans mon passé.

 

 

- On peut faire revenir le passé.

Sa main a glissé sur ses hanches. La jeune fille l’a arrêté tendrement.

- Le passé ne revient jamais. Parfois, le présent ressemble aux jours anciens, mais maintenant je ne le veux plus. Trop de choses ont changé les dernières années…»

 

 

 

              Ce livre est sur le choix qu’il faut faire à un moment donné de la vie. Et de ce choix dépend non seulement la vie de celui qui fait le choix, mais aussi la vie des gens qui l’entourent.

 

 

« - Qu’est-ce que tu sais de moi et à quel titre tu oses juger? C’est vrai que je ne vis pas selon les lois de l’Etat où je suis né et j’ai grandi, mais je ne suis pas criminel. Est-ce que tu ne vois pas qu’il est impossible de suivre les lois de ce pays? Certaines lois contredisent les autres, celles-ci – encore aux autres et les dernières n’ont point de sens. Pourtant, elles ont toutes quelque chose de commun - elles sont adressées à la destruction de la moindre manifestation de l'individualisme dans la personne. On peut nous expédier en prison seulement pour ce qu’on respire – car le prétexte se trouvera toujours. Être la personnalité – c’est le crime le plus terrible dans cette société…

 Je sais que dans le monde entier il y a des pays meilleurs et pires que le nôtre, mais je n’ai pas dû choisir où naître. Qu’on le veuille ou non, nous faisons la partie de cette terre, mais je ne veux pas etre la partie de cette société. Voilà pourquoi j’ai créé mon propre monde et je vis selon mes lois qui sont plus justes d’ailleurs».

 

 

“Dans l’enfance, surtout dans les années scolaires chacun de nous avait des conflits et les bagarres ordinaires d'enfant. Les uns en avaient très rarement, les autres plusieurs fois par jour. Nous faisions du mal aux gens et les gens nous en faisaient aussi. La coopération de ces deux aspects de la douleur formait notre caractère, notre attitude envers le monde, à nous-mêmes…”

 

“Il est naturel que les gens refusent les biens réels au nom des biens illusoires. Dans la plupart des cas nous cherchons ce qu’on ne peut pas obtenir, hélas. Peut-être c’est lié à ce que le sens de l'être ce n’est pas d’atteindre le but, mais d’y aspirer suivant le chemin choisi une fois pour toutes”. 

 




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